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Chasing Cars - Snow Patrol : quand le monde peut attendre.

Certaines chansons n’ont pas besoin d’une construction complexe ou de paroles remplies de métaphores pour marquer durablement ceux qui les écoutent. Chasing Cars, de Snow Patrol, en est probablement l’un des meilleurs exemples. Sorti en 2006 sur l’album Eyes Open, le morceau va progressivement devenir la chanson la plus emblématique du groupe. Derrière quelques notes de guitare répétées presque inlassablement se cache une déclaration d’amour d’une simplicité désarmante : oublier pendant quelques instants tout ce qui nous entoure et simplement rester auprès de la personne que l’on aime.Une chanson d’amour sans détourGary Lightbody a lui-même décrit Chasing Cars comme l’une des chansons d’amour les plus pures qu’il ait jamais écrites, un détail particulièrement intéressant lorsque l’on sait que les textes de Snow Patrol sont souvent teintés de mélancolie, voire d’une certaine noirceur.Il expliquait ainsi : « C’est la chanson d’amour la plus pure que j’ai jamais écrite. Il n’y a pas de coup de couteau dans le dos. Quand j’ai relu ces paroles, je me suis dit : “Oh, c’est bizarre.” Toutes les autres chansons d’amour que j’ai écrites ont un côté sombre. »Avec Chasing Cars, Lightbody semble donc mettre de côté, le temps d’une chanson, cette part d’ombre qui accompagne habituellement ses textes pour ne conserver que l’essentiel : le désir d’être auprès de la personne aimée, sans conflit, sans amertume et sans arrière-pensée.Le morceau repose ainsi sur une idée très simple : suspendre le temps, oublier tout ce qui existe autour et rester là, auprès de l’autre, sans se préoccuper du reste.Le narrateur ne demande finalement pas grand-chose. Il ne promet ni une vie parfaite ni un amour éternel. Il voudrait seulement pouvoir faire disparaître le monde extérieur pendant un instant, comme si plus rien n’avait d’importance en dehors de cette présence partagée.Et c’est peut-être précisément cette simplicité qui rend Chasing Cars si facile à comprendre et, surtout, si universelle à ressentir.Mais pourquoi avoir choisi pour titre « Chasing Cars » ?Le titre peut sembler assez étrange, d’autant plus que les mots Chasing Cars ne sont prononcés qu’une seule fois au cours de la chanson. Son origine a pourtant quelque chose de presque comique lorsqu’on la connaît.Elle viendrait en réalité d’une métaphore employée par le père de Gary Lightbody. Alors que celui-ci s’était épris d’une femme, son père lui aurait expliqué qu’il se comportait comme un chien poursuivant une voiture : il pouvait continuer à courir derrière, mais même s’il finissait par l’attraper, il ne saurait probablement pas quoi en faire.Gary Lightbody conservera cette image pour en faire le titre de la chanson.Une métaphore qui peut sembler maladroite au premier abord, mais qui décrit finalement assez bien certaines relations : désirer profondément quelque chose, ou quelqu’un, sans réellement savoir ce que l’on ferait si ce désir devenait un jour réalité.Une chanson née presque en une nuitL’histoire de la création de Chasing Cars est elle-même assez étonnante. Gary Lightbody a raconté avoir passé une nuit particulièrement productive avec le producteur Jacknife Lee, dans le petit studio aménagé dans le jardin de sa maison, dans le Kent.En l’espace de seulement quelques heures, et accompagné de quelques bouteilles de vin, Lightbody aurait écrit une dizaine de chansons. Une session exceptionnellement prolifique puisque cinq d’entre elles se retrouveront finalement sur l’album Eyes Open, parmi lesquelles Chasing Cars.Lightbody précisera d’ailleurs avec humour que ce genre de réussite était loin de lui arriver habituellement : écrire dix chansons pouvait tout aussi bien se terminer par dix morceaux qu’il ne ferait jamais écouter à personne.Comme quoi, certaines chansons qui donnent aujourd’hui l’impression d’avoir toujours existé peuvent parfois naître au cours de quelques heures particulièrement inspirées.Une musique qui semble ne jamais changerMusicalement, Chasing Cars pourrait presque sembler trop simple, son motif de guitare se répète pendant une très grande partie du morceau et la chanson évite volontairement les changements brutaux. Pourtant, elle ne donne jamais réellement l’impression de rester immobile.C’est parce que sa force ne vient pas d’une succession de parties différentes mais de son évolution progressive.Au début, tout paraît fragile et retenu. La voix de Gary Lightbody et la guitare occupent presque tout l’espace, tandis qu’il pose ses mots avec douceur.Puis, peu à peu, les différentes couches musicales commencent à apparaître. Dès les phrases « If I lay here, If I just lay here, Would you lie with me and just forget the world? », que l’on peut traduire par « Si je m’allongeais ici, si je ne faisais que m’allonger ici, t’allongerais-tu avec moi et oublierais-tu simplement le monde ? », une rythmique plus marquée se met progressivement en place.La batterie prend ensuite davantage d’importance, les guitares deviennent plus imposantes et l’ensemble continue de gagner en intensité. Ce qui ressemblait presque, au départ, à une conversation intime entre deux personnes finit alors par prendre une ampleur beaucoup plus grande, sans jamais perdre complètement la simplicité qui faisait sa force.Là où Creep (lire l’article précédent) provoque une explosion brutale, notamment avec les célèbres coups de guitare de Jonny Greenwood, Chasing Cars fait presque exactement l’inverse : elle accumule lentement les émotions, couche après couche, jusqu’à donner l’impression de ne plus pouvoir les contenir. De One Tree Hill à Grey’s Anatomy : quand Chasing Cars rencontre le petit écran L’une des premières apparitions télévisées marquantes de Chasing Cars a lieu dans One Tree Hill, connue en France sous le titre Les Frères Scott.Le 3 mai 2006, les téléspectateurs américains découvrent le final de la saison 3, un épisode largement construit autour du mariage de Nathan et Haley. Chasing Cars y accompagne plusieurs moments particulièrement chargés en émotion. À cette époque, le morceau est encore tout récent et n’est même pas encore sorti officiellement en single aux États-Unis.Mais ce n’est que douze jours plus tard que la chanson va connaître une exposition d’une tout autre ampleur.Le 15 mai 2006, Grey’s Anatomy diffuse le final de sa deuxième saison. Chasing Cars accompagne alors l’une des scènes les plus bouleversantes de la série : la mort de Denny Duquette et le désespoir d’Izzie Stevens à ses côtés.L’association entre la chanson et cette scène va profondément marquer les téléspectateurs et offrir à Snow Patrol une exposition considérable aux États-Unis. Quelques jours seulement après la diffusion, ABC évoquait déjà l’impact du morceau auprès des millions de personnes ayant regardé le final.Grey’s Anatomy et Chasing Cars vont dès lors devenir presque indissociables. La chanson sera réutilisée à plusieurs reprises au fil de la série, jusqu’à devenir l’un des morceaux les plus emblématiques de son univers musical.Gary Lightbody racontera plusieurs années plus tard que le groupe avait donné son accord pour l’utilisation du morceau plusieurs semaines auparavant et avait presque oublié sa diffusion. Le lendemain de l’épisode, la chanson s’était retrouvée en tête des téléchargements américains sur iTunes.Une chanson qui dépasse Snow PatrolLe succès de Chasing Cars finit par dépasser très largement ce que le groupe pouvait probablement imaginer au moment de sa sortie. Le morceau atteint la 6e place au Royaume-Uni et la 5e place du Billboard Hot 100 américain, avant d’être nommé en 2007 au Grammy Award de la meilleure chanson rock.Mais l’histoire de Chasing Cars ne se résume pas à quelques semaines passées dans les classements. Au fil des années, la chanson continue d’être diffusée, redécouverte et associée à de nouveaux souvenirs par plusieurs générations d’auditeurs. En 2019, l’organisme britannique PPL la désigne même comme la chanson la plus diffusée du XXIe siècle sur les radios britanniques, après qu’elle s’était déjà imposée comme l’un des titres les plus diffusés des années 2000.Une longévité d’autant plus remarquable que Chasing Cars n’a pourtant jamais atteint la première place du classement britannique. Comme quoi, le succès d’une chanson ne se mesure pas forcément à la position qu’elle occupe au moment de sa sortie. Certains morceaux dominent les classements pendant quelques semaines avant de disparaître progressivement ; d’autres s’installent plus discrètement et finissent par traverser les années. Chasing Cars appartient clairement à cette seconde catégorieMais alors ? Pourquoi Chasing Cars fonctionne encoreLe succès de Chasing Cars finit par dépasser très largement ce que le groupe pouvait probablement imaginer au moment de sa sortie. Le morceau atteint la 6e place au Royaume-Uni et la 5e place du Billboard Hot 100 américain, avant d’être nommé en 2007 au Grammy Award de la meilleure chanson rock.Mais l’histoire de Chasing Cars ne se résume pas à quelques semaines passées dans les classements. Au fil des années, la chanson continue d’être diffusée, redécouverte et transmise à de nouvelles générations d’auditeurs. En 2019, l’organisme britannique PPL la désigne même comme la chanson la plus diffusée du XXIe siècle sur les radios britanniques.Et vingt ans après sa sortie, les chiffres du streaming montrent que cet engouement est loin d’avoir disparu. En septembre 2026, Chasing Cars approche les 1,9 milliard d’écoutes sur Spotify et continue d’y être écoutée environ 700 000 à 800 000 fois chaque jour. Sur YouTube, son clip officiel dépasse quant à lui les 435 millions de vues, auxquelles viennent encore s’ajouter plusieurs dizaines de milliers de visionnages quotidiennement.Une longévité d’autant plus remarquable que Chasing Cars n’a pourtant jamais atteint la première place du classement britannique. Comme quoi, le succès d’une chanson ne se mesure pas forcément à la position qu’elle occupe au moment de sa sortie. Certains morceaux dominent les classements pendant quelques semaines avant de disparaître progressivement ; d’autres s’installent plus discrètement et finissent par traverser les années. Chasing Cars appartient clairement à cette seconde catégorie.Ma rencontre avec Chasing CarsChasing Cars fait partie de ces chansons qui ont profondément marqué ma jeunesse. Elle est aujourd’hui encore associée à certains des plus beaux souvenirs de cette période, à des moments, des lieux et des personnes que quelques notes suffisent à faire revenir instantanément en mémoire.Entre la radio pirate sur laquelle j’animais mon émission musicale (#NoxRadio), les découvertes faites presque par hasard et tous ces instants où une chanson finit par devenir la bande-son d’un souvenir sans que l’on s’en rende vraiment compte, Chasing Cars s’est peu à peu installée quelque part dans ma vie. Nous avons probablement tous un moment de notre jeunesse qui nous a particulièrement marqués. Un instant auquel on aimerait parfois pouvoir revenir, non pas pour changer quoi que ce soit, mais simplement pour mettre le temps en pause et en profiter quelques secondes de plus.C’est exactement ce que Chasing Cars représente pour moi.Une chanson capable, pendant quelques minutes, de me ramener à une époque qui n’existe plus vraiment, mais dont certains souvenirs sont éternellement là.Crédit image : pochette de Eyes Open — Snow Patrol. Artwork et images : Mat Maitland (Big Active). Direction artistique : Richard Andrews et Mat Maitland. Photographie : Dan Tobin Smith. Design : Big Active. © 2006 Polydor Ltd. (UK).

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Creep - Radiohead : l’hymne de ceux qui ne se sentent pas à leur place.

Il existe des chansons qui deviennent bien plus grandes que le groupe qui les a créées. Creep, de Radiohead, appartient clairement à cette catégorie. Sorti en 1992 puis intégré à l’album Pablo Honey l’année suivante, le morceau est devenu au fil du temps l’une des chansons les plus emblématiques du rock alternatif des années 1990.Pourtant, derrière une mélodie relativement simple se cache une chanson profondément inconfortable, vulnérable et universelle. Creep parle de ce moment où l’on regarde quelqu’un avec admiration tout en étant persuadé de ne pas être à sa hauteur.« I don't belong here »Tout le cœur de Creep pourrait presque être résumé par une seule phrase :« I don't belong here », que l’on peut traduire par : « Je n’ai rien à faire ici. »Le narrateur idéalise une personne qu’il trouve extraordinaire, presque inaccessible. Face à elle, il se voit comme quelqu’un d’insignifiant, d’étrange, de différent.Le morceau ne raconte donc pas simplement une histoire d’amour impossible. Il parle surtout du regard extrêmement dur que l’on peut porter sur soi-même.On voudrait être plus beau, plus intéressant, plus sûr de soi. On voudrait mériter l’attention de l’autre. Mais au lieu de cela, on se convainc que l’on est celui qui dérange, celui qui n’est pas à sa place.C’est probablement ce qui explique pourquoi autant de personnes peuvent se reconnaître dans cette chanson, même sans avoir vécu exactement l’histoire racontée par Thom Yorke.Deux coups de guitare impossibles à oublierEt puis il y a ce son, juste avant que le refrain n’explose : la guitare de Jonny Greenwood vient brutalement déchirer le calme du morceau avec deux énormes coups saturés.Ils sont devenus l’une des signatures les plus reconnaissables de Creep. Selon l’anecdote souvent racontée autour de l’enregistrement, Jonny Greenwood trouvait le morceau trop calme et aurait volontairement joué ces accords de manière particulièrement agressive, presque comme s’il cherchait à casser sa douceur.Le résultat est finalement devenu essentiel à la chanson. Ces décharges de guitare donnent presque l’impression d’une rupture brutale dans les pensées du narrateur : toute la retenue accumulée pendant les couplets disparaît soudainement, laissant ressortir d’un seul coup la frustration, la colère et le mal-être qu’il gardait jusque-là à l’intérieur.Le morceau qui a failli enfermer RadioheadAprès des débuts relativement discrets, Creep rencontre rapidement un immense succès international, au point de commencer à définir l’identité de Radiohead aux yeux du grand public. Et c’est justement là que se trouve le principal problème pour le groupe : ses membres ne veulent pas devenir simplement « le groupe qui a écrit Creep ».Durant certaines périodes, Radiohead décide donc de beaucoup moins jouer le morceau sur scène et cherche volontairement à s’en éloigner artistiquement. Un choix qui leur sera finalement bénéfique, puisqu’il accompagnera l’émergence de nouveaux albums devenus à leur tour incontournables.En 1995 paraît ainsi The Bends, porté notamment par les célèbres High and Dry et Fake Plastic Trees. Deux ans plus tard arrive OK Computer, avec des morceaux aujourd’hui emblématiques comme Karma Police ou No Surprises. Puis, en 2000, Kid A marque une nouvelle rupture dans leur carrière avec une musique beaucoup plus expérimentale, illustrée dès son ouverture par Everything in Its Right Place.Et ils ont probablement eu raison de prendre leurs distances. Même si Creep reste l’un des morceaux les plus emblématiques de Radiohead, le groupe est parvenu à ne pas rester prisonnier de son premier grand succès. Il a pu expérimenter, transformer profondément son style et donner naissance à de nombreux autres morceaux devenus, eux aussi, intemporels.Une chose reste cependant certaine : Radiohead a peut-être réussi à s’éloigner de Creep, mais le public, lui, ne l’a jamais oubliée et ne l’oubliera probablement jamais.Creep, un plagiat ?Lors de la sortie de Creep en 1992, des similitudes sont rapidement remarquées avec The Air That I Breathe, une chanson écrite en 1972 par Albert Hammond et Mike Hazlewood, puis rendue célèbre par The Hollies en 1974.La ressemblance ne repose pas simplement sur l’utilisation de quelques accords similaires : certaines phrases mélodiques de Creep suivent également une construction très proche de celles de The Air That I Breathe. L’éditeur de cette dernière, Rondor Music, engage alors une procédure qui se terminera par un accord à l’amiable. Albert Hammond et Mike Hazlewood obtiennent finalement un crédit de coauteurs sur Creep, ainsi qu’une part de ses droits d’auteur.Albert Hammond expliquera par la suite que Radiohead avait reconnu honnêtement la ressemblance entre les deux morceaux. En conséquence, Hammond et Hazlewood n’ont obtenu qu’une part relativement limitée des royalties, plutôt que de chercher à revendiquer l’intégralité de la chanson.L’histoire devient encore plus intéressante quelques années plus tard, lorsque Creep se retrouve à son tour au centre d’une accusation de ressemblance musicale.En 2017, Lana Del Rey sort Get Free, dont certaines parties présentent une ressemblance particulièrement frappante avec le morceau de Radiohead. Début 2018, la chanteuse affirme publiquement que Radiohead souhaite obtenir 100 % des droits d’édition de sa chanson et qu’une procédure judiciaire est en cours.L’éditeur de Radiohead, Warner/Chappell, dément toutefois cette version : aucune plainte n’avait été déposée et Radiohead n’avait pas exigé 100 % des droits. Des discussions avaient bien lieu depuis plusieurs mois, mais l’objectif annoncé était surtout que les auteurs de Creep soient reconnus dans les crédits de Get Free en raison des similitudes entre les deux morceaux.L’ironie est donc assez amusante : Creep, autrefois accusée de trop ressembler à une chanson des années 1970, deviendra elle-même plusieurs décennies plus tard la référence utilisée pour reprocher à une autre chanson de lui ressembler.Pourquoi Creep fonctionne encore ?Après plus de trente ans d’existence, Creep continue d’être massivement écoutée. Le clip officiel du groupe sur YouTube cumule à lui seul près de 1,5 milliard de vues, tandis que le morceau enregistre encore environ 2,15 millions d’écoutes par jour sur Spotify.Ce n’est pas un hasard. Le sentiment qu’elle décrit, mais aussi l’émotion qu’elle dégage, ne sont probablement pas propres aux années 1990 : ils sont intemporels. Se sentir différent, avoir l’impression que les autres possèdent quelque chose que nous n’avons pas, être attiré par une personne tout en pensant ne pas la mériter…Ce sont des sentiments universels, que chacun peut ressentir à un moment ou à un autre de sa vie.La chanson réussit alors quelque chose d’assez rare : transformer un sentiment profondément intime, parfois presque honteux, en une émotion collective que des millions de personnes peuvent chanter ensemble.Ma rencontre avec CreepPour ma part, j’ai découvert ce morceau assez tard au cours de ma vie. Né à la fin des années 1980, j’ai surtout été bercé par des artistes et des groupes comme Gary Moore, Deep Purple ou encore Pink Floyd.Radiohead ne faisait donc pas vraiment partie de mon univers musical à l’origine. Creep est arrivée bien plus tard, presque par hasard, à un moment où j’avais déjà construit une grande partie de mes goûts musicaux.C’est en 2007 ou 2008 que j’ai découvert ce morceau, à une période qui n’était pas particulièrement facile de ma vie. Je suis tombé dessus presque par hasard et, avec le recul, je crois que cette découverte m’a fait beaucoup de bien.Dans la voix de Thom Yorke, j’ai ressenti de la douleur, de la colère, mais aussi une forme de désespoir. À ce moment-là, la chanson a agi sur moi comme un exutoire, presque comme une thérapie. Elle me permettait de mettre des émotions sur des choses que je n’arrivais pas forcément à exprimer autrement.Près de vingt ans après l’avoir découverte, je crois que c’est finalement cela qui fait de Creep une chanson si particulière à mes yeux : je ne l’écoute plus seulement, elle fait désormais partie de mon histoire.Crédit image : pochette de Creep EP — Radiohead. Artwork : Maurice Burns, Craigavon Under Age Drinkers Rule. Design : Icon. © 1992 LLLP LLP / XL Recordings Ltd. 

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